Le lait Maternel

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Si les préparations infantiles à base de lait de vache ont fait de grands progrès, elles n’égalent pas le lait maternel, dont les effets bénéfiques sont avérés. Mais ce nectar naturel n’a pas encore livré tous ses secrets, et chercheurs et pédiatres continuent à travailler pour en percer les mystères, notamment à Zurich, en Suisse, ou à Munich, en Allemagne… Ses bienfaits sont avérés mais pas encore tous identifiés. Allaiter contribue au développement du microbiote intestinal du bébé et pose les bases de son système immunitaire. Le lait joue également un rôle protecteur pour la mère.

Le lait maternel et un elixir de santé :

Il contient :

De l’eau :

L’eau est le principal constituant du lait maternel et représente 87.5% du volume total. Le lait de la femme est donc particulièrement désaltérant et permet de répondre aux besoins hydriques colossaux du nouveau-né.

Des glucides : 

Globalement, le lait mature de la femme présente 75 g/litre de glucides, dont 63 g de lactose et 12 g d’oligosaccharides, alors que le lait de vache ne contient que du lactose.

Les 130 oligosaccharides présents constituent une spécificité majeure du lait maternel en agissant comme de véritables prébiotiques qui participent à la mise en place de l’écosystème bactérien dans le côlon du bébé. Le lait maternel constitue ainsi une vraie protection vis-à-vis des infections digestives, mais aussi extra-digestives.

Des lipides :

La teneur en lipides (35 g/litre en moyenne) du lait maternel est proche de celle du lait de vache, mais leur digestibilité et leur coefficient d’absorption sont bien supérieurs.

Le lait de femme est par ailleurs nettement plus riche en cholestérol (2,6 à 3,9 mM/litre contre 0,3 à 0,85 mM/litre pour le lait de vache), ce qui, pour le nourrisson constitue un réel atout. Le cholestérol joue en effet un rôle important dans la constitution des membranes et le développement cérébral mais est aussi un précurseur hormonal.

Des vitamine,des oligo-élément et des sels minéraux :

Les sels minéraux, la vitamine D et les oligo-éléments (2 g/litre) du lait maternel jouent un rôle essentiel dans la constitution du squelette et la croissance osseuse. Leur quantité est spécifiquement adaptée aux possibilités d’élimination rénale du bébé dont les organes (reins) ne sont pas encore matures.

Le lait maternel renferme du calcium, chlore, cuivre, fer, iode, magnésium, manganèse, phosphore, potassium, sélénium, sodium, soufre, zinc mais également une multitude de vitamines : A, B1, B2, PP, B5, B6, B8, B9, B12, C, D, E, K.

Les concentrations en fer, bien qu’étant très faibles ont une excellente bio-disponibilité. Cependant, cela ne sera pas suffisant si l’allaitement maternel exclusif est prolongé au delà de six mois. La diversification alimentaire ou une supplémentation en fer doit alors être mise en place.

Une supplémentation en Vitamine K est également nécessaire dès la naissance et pendant toute la durée de l’allaitement exclusif pour prévenir un risque hémorragique, certes rare mais existant.

Des enzyme,des hormones et des bactéries :

Le lait maternel contient des enzymes qui permettent entre autre une meilleure digestion des graisses (lipase) et du lactose (lactase) mais aussi de protéger bébé contre certaines bactéries (lysozyme). Par ailleurs, certaines hormones contenues dans le lait favorisent la croissance et le développement des organes sexuels.

Le lait maternel est également riche en diverses espèces bactériennes qui établissent un véritable microbiote intestinal visant à protéger les intestins du bébé d’éventuelles infections digestives.